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LE SITE DU

CENTRE DE RECHERCHES ARCHEOLOGIQUES SUR LES LANDES.

 

 

Méthodes de travail de l’équipe

 

Nous travaillons avec l’accord du Service Régional d’Archéologie d’Aquitaine et des propriétaires concernés : l’archéologie est une discipline à la réglementation stricte. Celle-ci repose sur un postulat : toute découverte est susceptible d’aider à comprendre le peuplement d’un territoire à une époque donnée. La découverte et la détention d’un objet sans déclaration sont préjudiciables pour la recherche et la compréhension de l’occupation du sol. Il ne faut pas oublier également qu’un objet tiré de son contexte n’a plus aucun intérêt, étant donné qu’il ne prend son importance que par rapport à un environnement géographique et archéologique : toute découverte fortuite doit être non seulement signalée à la mairie et/ou au Service Régional d’Archéologie, mais également localisée précisément sur un plan ou une carte.

 

S’inscrivant dans la continuité des méthodes d’investigation déjà existantes et largement documentées et théorisées (en Grande-Bretagne surtout), la particularité du sol landais et la présence d’un couvert forestier important ont néanmoins entraîné une adaptation, en ce qui concerne le repérage des sites archéologiques par les prospections pédestres.

 

Types de terrains

 

Le terrain d’investigation privilégié demeure le semis de pins. Si le couvert forestier, nous l’avons dit, constitue une entrave quant à la lisibilité du sol et le repérage d’artéfacts, la vocation sylvicole de la forêt des Landes de Gascogne permet néanmoins une alternative inattendue à cet obstacle.

En effet, les parcelles de pins suffisamment matures sont régulièrement coupées (notion de coupe rase). Généralement, un dessouchage est ensuite pratiqué. Enfin, un labour profond précède de peu la plantation de pins.

Partant de là, le repérage de sites archéologiques se fait en suivant à pied les sillons du semis choisi, les uns après les autres.

Figure 1 : les prospecteurs progressent alignés et dans la même direction le long des sillons, à l’affût d’indices.

Evidemment, suivre l’engin de labour serait inutile : la terre retournée doit être au préalable lessivée par la pluie pour qu’apparaissent un maximum d’indices.

Figure 2 : semis de pin avec tertre suspect repéré à St-Yaguen.

La recherche peut également s’effectuer dans les champs de maïs qui sont particulièrement répandus dans le département des Landes.

Le principe demeure le même que sur un semis de pins, à savoir suivre les sillons après que la terre ait été retournée. La période idéale est celle où le maïs commence à sortir de terre : le sol est alors pleinement tassé et le lessivage a pu être accru par l’arrosage du champ. Si le nombre de prospecteurs le permet, il est possible de surveiller un seul sillon à la fois, celui dans lequel on marche. Si l’équipe est réduite, il est préférable de surveiller trois sillons à la fois : celui dans lequel on marche et ceux qui se trouvent immédiatement à gauche et à droite.

ATTENTION ! que l’on se trouve sur un semis de pins ou dans un champ, il faut veiller à ne pas piétiner les cultures.

 

Méthodes de travail de l’équipe

 

Les labours forestiers présentent un avantage indéniable : dans le cas d’un site archéologique relativement étendu (habitat ou nécropole), une partie seulement du niveau archéologique est détruite et ramenée en surface par le soc de la charrue. Le reste du niveau reste intact dans la mesure où les sillons des labours forestiers sont généralement bien espacés. Une fouille est possible après un repérage.

Figure 3 : tessons de céramique repérés dans un semis de pins à Beylongue.

Il s'agit en fait des restes de deux urnes funéraires du Premier Age du Fer.

Figure 4 : en vert, emplacement du labour du semis qui a miraculeusement épargné une pierre dressée (A) signalant une urne funéraire (B).

Nécropole protohistorique du Mouliot à Laglorieuse.

En revanche, les labours agricoles sont totalement destructifs. En effet, en quelques années de culture sur une même parcelle, l’intégralité d’une couche archéologique peu profonde (par exemple, nous avons pu constater que l’Age du Bronze se retrouve en zone sablonneuse à environs 30 centimètres de profondeur)peut être perturbée et progressivement soulevée. Seuls la localisation de concentrations et le ramassage des indices peuvent être faits. La fouille, pour la Préhistoire récente ou la Protohistoire, n’apporterait que peu d’éléments importants dans la mesure où il ne reste rien ou presque en place dans la couche archéologique. Pour la période antique, dans le cas de la présence suspectée d’un bâtiment, il arrive que les fondations, profondes, persistent, non atteintes par le soc.

 

Terrains atypiques

 

La surveillance d’une zone peut être complétée par la surveillance d’autres types de terrains.

Les ruisseaux peu profonds, par exemple, constituent une alternative intéressante à l’enfouissement des vestiges en zone forestière : quelques ruisseaux peuvent emporter par érosion naturelle et effet de pente, des objets relativement bien conservés, voire des vases entiers (c’est rare). Seule condition : que le ruisseau passe en bordure ou au milieu d’un site archéologique. Les berges sont à observer attentivement afin de localiser précisément l’origine des artéfacts, c'est-à-dire le site lui-même.

Les arbres déracinés sont également à surveiller : les racines de pins soulèvent une grande quantité de terre pouvant entraîner vers la surface des objets, silex ou tessons de céramique.

Plus généralement, toute surface de terre retournée peut présenter un intérêt dans le repérage de site : travaux de décapage du sol avant la construction d’une maison, curage de fossés, jardins…voire les taupinières et les cimetières !

Figure 5 : tant que la forêt demeure, aucun moyen de savoir si ce tertre est une motte féodale. Quelque part au sud de Vert.

 

Les outils de prospection

 

Les meilleurs outils demeurent à ce jour les pieds et les yeux : marcher et observer sont en effet les deux activités les plus importantes durant la prospection pédestre.

En parallèle, l’équipement standard est également simple : une photocopie de l’autorisation de prospection (on ne sait jamais), de bonnes chaussures de marche ou des bottes, une carte IGN au 1 :25000e  de la zone, des pochettes plastiques, un pinceau, une truelle (non pas pour fouiller au hasard, puisque vous n’avez qu’une autorisation de prospection, mais pour dégager proprement les objets remontés par le labour), des piquets pour marquer les emplacements des concentrations (généralement, il y toujours sur le terrain des branches de pins qui traînent pouvant servir provisoirement : il faut prendre soin de revenir pour les remplacer par de vrais piquets plus solides et visibles de loin), un carnet et un stylo pour noter les emplacements, les principaux objets découverts, les remarques concernant les concentrations ou les anomalies de terrain (fossés anciens partiellement comblés, coloration du sable localisée, hauteurs suspectes…). Un appareil photographique peut aussi être utile quant vous vous retrouvez face à une concentration d’une cinquantaine de tessons sur un mètre carré : pensez à l’idée que vous aurez en tête à ce moment-là (« si je ne prends pas de photo, jamais on ne me croira ! ») !!! Enfin, un dernier outil bien pratique dont nous venons de nous équiper récemment : un récepteur GPS ; il permet de localiser très précisément un site et ses coordonnées : cela fait gagner du temps quant l’on remplit une fiche de déclaration de site, à la ligne « localisation ». De plus, les cartes IGN sont maintenant disponibles sous forme de Cd-roms compatibles avec les données GPS : en quelques manipulations, le site est placé sur la carte sans erreur (plus d’infos sur www.bayo.com ).

 

Pour reprendre les lignes directrices de ce qui vient d’être évoqué plus haut, vous pouvez télécharger cette présentation PowerPoint : « L’archéologie forestière dans les Landes »

 

 

 

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