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D’un point de vue diachronique, les recherches ont
apporté des résultats pour sept grandes périodes : le Magdalénien,
le Néolithique, le Chalcolithique, l’Age du Bronze, l’Age du
Fer, l’Antiquité et le Moyen Age. Nous n’évoquons ici que les
éléments dominants, les constantes ou les découvertes majeures.
(les citations proviennent des publications correspondantes :
voir la page Publications ; vous pouvez
accéder au contenu complet de ces articles dans la page Documents)
→ Afin
d’approfondir quelques notions de peuplement complexes et bien
souvent polémiques, nous avons crée deux pages spéciales :
_la
première est consacrée au peuplement de l’Aquitaine méridionale de
la fin de la Protohistoire au Haut Moyen Âge, cela à partir d’une
sélection d’articles,
_la
seconde est une mise au point autour de plusieurs idées reçues sur les
Landes traditionnelles et leur évolution.
Quelques repères chronologiques :

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Le
Magdalénien
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Un site retient d’emblée l’attention pour
cette période : le site de Cabannes à Brocas-les-Forges.
Découvert dans un semis de pins récent, où quelques éclats
de silex avaient été remontés par le labour de manière très localisée,
l’observation du matériel récolté lors du ramassage ne laissait
planer aucun doute sur l’identité du gisement enfoui : un
grand nombre de ces silex étaient en fait des chutes de burins,
c'est-à-dire des déchets de fabrication de l’outil principal de la
fin du Paléolithique Supérieur, le burin.
La fouille entreprise sur 102m2 confirma les
soupçons : il s’agissait en fait d’un campement de
chasseurs du début du Magdalénien (=le Badegoulien), caractérisé par la
présence d’un outillage important : 1102 raclettes, 392 burins, 71 perçoirs,
21 grattoirs, 9 microlithes et 14 outils
divers (racloirs, encoches, pièces esquillées). En tout, 31 kg de silex
ont été retrouvés, soit plus de 30 000 produits de débitage. Elément
intéressant, au milieu du silex, 21 plaquettes de grès ferrugineux
brûlées et fragmentées ont également été observées de manière très localisée.
Ce grès ou cuirasse, appelé localement garluche, n’est pas
présent naturellement sur le site. En revanche, ces plaquettes brûlées
sont à mettre en relation avec la présence de très nombreux fragments
d’hématite mêlés au silex : l’hématite, matière colorante
d’origine minérale, a pu être produite par le chauffage de la garluche
dans un foyer. Cette dernière prend, à 600°C, une
couleur rouge violacée et donne des oxydes ferreux.

L’élément le plus important reste la présence
d’un site aussi ancien, dans une zone où il y a peu, personne
n’aurait pensé pouvoir le trouver. En effet, c’est sur un
plateau interfluve et mal drainé de la Grande Lande
que le gisement se situe et, qui plus est, à « faible »
profondeur : 70 centimètres. Normalement,
l’épandage de sables éoliens de la période Tardiglaciaire aurait dû
recouvrir ce site, comme ailleurs dans cette partie du département, de
plusieurs mètres ; ici, l’épandage s’est produit de
manière moins importante, à moins qu’une partie ait disparue lors
des 10 000 dernières années par colluvionnement…la chance
était du côté des prospecteurs.
Aucun autre site du Paléolithique Supérieur n’a pu
être repéré par l’équipe au nord du Marsan jusqu’à
présent ; pourtant, il demeure possible qu’il y en ait
d’autres, bien qu’un obstacle majeur s’y oppose :
le sable. Le site de Cabannes n’a été repéré que grâce à une
chose : le système racinaire de la végétation qui a remonté des
artéfacts dans la zone atteinte par le labour. En revanche, le gisement
était bien trop profond pour être touché…la chance était vraiment
du côté des prospecteurs !
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Le
Néolithique
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Beaucoup de landais ont pu être au cours des décennies
précédentes, en contact avec cette période en ramassant ces magnifiques pointes
de flèches dites à ailerons et pédoncule, ou ces autres
pointes dites foliacées à retouches couvrantes ou semi-couvrantes.
Pour le C.R.A.L., c’est davantage
l’observation de la céramique qui révèle l’occupation du
Chalcolithique. Il s’agit de la céramique campaniforme (appelée
ainsi de par la forme des vases qui ressemblent à des cloches
d’église retournées), au décor souvent fait de bandes horizontales
au peigne sur toute la surface, mais aussi de vases pourvus de
perforations préorales, souvent associés à la céramique campaniforme.
Plusieurs habitats ou traces d’habitats ont été
prospectés et fouillés : La Hubla, Grand Séouguès et Loustaounaou à Canenx (la
publication concernant ce dernier site est consultable ici), Saint-Rémy à
Maillères. Ce dernier site est plus particulièrement intéressant dans la
mesure où furent mis à jour, outre la céramique et les outils de silex,,
de véritables témoignages d’un habitat à part entière,
notamment des pierres de calage de piquets de soutènement et un atelier
de taille du silex.
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L’Age
du Bronze
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Cette période, divisée en trois sous-périodes (ancien,
moyen et récent) est parfaitement connue dans la zone girondine,
principalement dans le Médoc, suffisamment pour que l’on évoque un
faciès culturel « Bronze Médocain ».
Loin des clichés pseudo-archéologiques de
l’Education Nationale (au Paléolithique, on taille la pierre ;
au Néolithique, on ne la taille plus mais on la polie ; à
l’Age du Bronze, on n’utilise plus de silex, puisqu’il
y a le bronze et à l’Age du Fer, plus besoin de bronze
puisqu’il y a le fer…raisonnement simpliste, mais encore très
courant dans l’enseignement des périodes antéhistoriques en classe
de 6ème où il arrive même que soient évoqués les
villages sur pilotis comme habitat quasi-systématique du
Néolithique !), le moyen dont nous disposons pour suivre les
populations de l’Age du Bronze à la trace demeure
l’observation de la céramique, de ses formes, mais surtout de ses
décors d’appliques ou d’incisions.
Les découvertes d’objets métalliques sont rares,
qu’il s’agisse de haches ou de fibules. Aucune hache landaise
connue n’a d’ailleurs été trouvée en fouille sur un habitat.
L’introduction du métal dans les Landes est donc
encore sujet à débat, même si dès 1986, J.-C. Merlet apportait la preuve
d’une introduction du cuivre au Chalcolithique dans les Landes, par
l’analyse d’une hache plate découverte en 1985 à Arengosse.
Quatre ans après cette première hache, une deuxième était exhumée
au même endroit par un labour agricole. Ne pas oublier que ces haches,
lorsqu’elles sont retrouvées, sont souvent issues de dépôts, sans
que l’on sache véritablement dans quel type de contexte ceux-ci
s’inscrivent (dépôt métallurgique, votif, commercial ou domestique ?).
Quoi qu’il en soit, les Landes ne connaissent pas de retard dans
l’introduction du métal.
Des haches sont connues pour l’Age du Bronze dans
les Landes. Un des plus beaux exemplaires est sans conteste celle
découverte à Arengosse en 1988, hache à ailerons subterminaux
et anneau, elle était encore inédite en 2002.
Hormis ces découvertes, trop ponctuelles, d’objets
métalliques, les sites livrant de la céramique demeurent bien plus
enrichissants dans la mise en évidence et la compréhension d’un
peuplement. Il est à noter que se prépare la publication d’un
ouvrage sur l’Age du Bronze en Aquitaine, sous la tutelle de deux
chercheurs émérites.
Des restes d’habitats temporaires, dont on ne sait
véritablement s’il s’agissait de cabanes de pasteurs
itinérants ou de populations nomades pratiquant déjà l’agriculture,
ont livré de la céramique du Bronze ancien-moyen (zone 1 de La Hubla
et zone 2 du Grand Séouguès à Canenx, zone
3 de Saint-Rémy à Maillères) dont certains fragments vases se
rattachent incontestablement au faciès Médocain. Les décors sont
généralement des pastillages et autres décors d’appliques (cordons
lisses ou digités sur des vases en forme de tonnelets, certains
présentant des moyens de préhension comme des anses tunellaires ou des
mamelons simples ou doubles) pour le Bronze moyen et des vases
biconiques décorés à la cordelette pour le Bronze
ancien.
Pour le Bronze final, un habitat a livré une structure
domestique tout à fait remarquable : il s’agit du site de Pouyblanc
2 à Canenx. Les restes de la cabane étaient constitués de la base de deux
piquets porteurs brûlés (charbons), entourés de pierres de calage,
délimitant sur le côté nord un véritable sol anthropique (sol noirâtre
chargé de matières organiques), dont la surface de 18 m2
était parfaitement rectangulaire : ceci ne peut s’expliquer
que par l’existence d’un espace clos le surmontant, délimité
par des parois (plan général de fouille). Au centre de
cette surface, un foyer (2) portait les
restes d’une structure en terre cuite assimilable à un four. La
céramique retrouvée représente un minimum de 27 vases, avec les détails
les plus représentatifs du Bronze final, à savoir « l’association
de cannelures, décors incisés sur vases fins, coupes tronconiques, pieds
annulaires, vases d’usage à digitations sur la lèvre et le
col. » Du mobilier lithique a aussi été retrouvé, du silex, mais
surtout un broyeur en quartzite et des fragments de meule dormante en
grès attestant une activité de broyage. A proximité immédiate de la
cabane, côté nord, une structure curieuse a également été exhumée :
7 plots enterrés et espacés, de 30 à 50 cm de large, pour 30
à 45 cm
de haut, délimitants un espace de 10 m2. Ces
plots sont composés d’un conglomérat de matériaux de récupération,
notamment du torchis, de l’argile cuite mais aussi de fragments de
calcaire, éléments « jetés en vrac dans les fosses préalablement
préparées, sans ordre apparent ». Le réemploi de torchis indique
l’existence d’une autre cabane plus ou moins proche :
celle qui a été fouillée n’en utilisait pas. Ces blocs sont de
toute évidence des plots de soutènement, mais pour quel type de
bâtiment ? D’autant qu’une fosse charbonneuse en bordure
ouest de la structure complique l’interprétation : « de
forme ovale de 0.90mx0.60m pour une profondeur de 55 cm […]
elle était constituée de minuscule charbons de bois » et
« était surmontée de six pierres plates en calcaire aquitanien
superposées, dont trois étaient rubéfiées ». A coté, quelques
tessons ont été retrouvés. Il semble néanmoins que le petit bâtiment
annexe de la cabane fut probablement un grenier et non une zone
domestique véritable, puisque aucune céramique, ni artéfacts n’ont
été retrouvés à l’intérieur.
Un autre site du Bronze final est à mentionner. Sa découverte à Beylongue
remonte à 2001 et a fait l’objet d’un sondage diagnostic en
2002. Peu étendu (1
m2), il s’agit d’un dépôt
d’une quinzaine de récipients accompagnés de 4 meules fragmentées
et 1 broyeur, mais aussi de fragments de terre cuite issus sans doute
d’une plaque foyère. Six récipients retiennent l’attention
dont 4 n’ont aucun intérêt fonctionnel d’un point de vue
domestique :
(les citations proviennent du rapport de prospection,
inédit)
« _ 2 gobelets de petites dimensions (4.5cm) portant
une perforation et à fond pointu ; l’un est décoré
d’incisions en lignes, l’autre est orné de lignes brisées
encadrées par des incisions en ligne. Des traces d’arrachement
montrent qu’ils appartenaient à un récipient multiple.

_ 2 piédestaux décorés : l’un avec sur le
cylindre des lignes parallèles et un marli de chevrons ; l’autre
avec sur le cylindre des chevrons, organisés selon un registre inversé,
dans des cartouches et encadrés par 2 bandes hachurées obliquement. Ces
piédestaux, creux, ne sont donc pas des coupes à pieds. […]

_ la moitié d’un biberon avec un décor de points et
lignes rayonnant à partir du goulot, dont manque la partie inférieure.
_ 1 plat orné de triangles excisés en ligne et un
fragment d’anse ( ?) avec le même décor ».
La présence de ce dépôt n’est toujours pas élucidée.
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L’Age
du Fer
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Tout comme l’Age du Bronze, cette période est
scindée en sous-périodes, deux pour être précis, le Premier Age du Fer et
le Second Age du Fer.
Le Second Age du Fer est une période mal connue pour une
grande partie des Landes. Il n’y a pratiquement que le site de
Sanguinet, fouillé par l’équipe de M. B. Maurrin depuis plusieurs
années déjà qui offre véritablement des niveaux archéologiques
identifiables pour cette période.
L’équipe du C.R.A.L. a été beaucoup plus en contact
avec le Premier Age du Fer. Mais il ne faut pas se méprendre : notre
connaissance des populations de cette période dans les Landes se limite
avant tout au monde des Morts. L’archéologie du Premier Age du Fer
est surtout, pour nous, une archéologie funéraire (qui a dit
« profanateurs de sépultures » ?)
Quatre sites remarquables sont à évoquer : deux
fouilles sur tumuli et deux fouilles sur nécropoles.
Le tumulus landais, contrairement à ceux
rencontrés en Bretagne par exemple, est caractérisé par ces dimensions
modestes : ce tertre funéraire est généralement haut d’1m50
pour 20
mètres de diamètre, sans chambre funéraire
aménagée (du moins, pas jusqu’à présent…).
Les nécropoles landaises connues sont de deux types :
nécropole ou cimetière de tombes plates et nécropole de tumuli (la plus
connue est celle de Sarbazan). Les nécropoles que nous avons fouillées ou
sondées sont du premier type.
Dernier point préliminaire : les sépultures
elles-mêmes sont des vases ou urnes, contenant les restes
d’ossements après crémation des corps sur le bûcher funéraire. Ces
vases sont généralement recouverts d’un plat-couvercle retourné et
peuvent contenir un vase plus petit, appelé vase d’accompagnement
ou vase accessoire ; posé sur les ossements, on ignore si ce dernier
était destiné à recueillir une offrande.
Le premier tumulus à avoir été
fouillé par l’équipe est celui de l’Oranger à Mont-de-Marsan,
en pleine zone industrielle. D’une élévation d’1m10, son
diamètre approchait les 26 mètres. Il contenait en son centre un
seul petit
vase à fond rond, posé sur une couche de charbons
d’un mètre carré. Ce vase n’est pas daté avec certitude,
d’autant que sa forme se retrouve peu dans les tumuli de la région.
En plus, les sépultures à incinération sont connues dès le Bronze Ancien
en Aquitaine. Seul élément indiscutable : cette urne se rattache à
l’Age des métaux…
Le deuxième tumulus à avoir été fouillé est, en revanche,
beaucoup plus explicite. Repéré à Monségur, dans une zone où déjà
beaucoup de tertres avaient été « fouillés » au XIXe siècle, ce
tumulus était haut de 1m30 et mesurait 20 mètres de
diamètre. Au cours de la fouille, une structure de galets est apparue,
montrant un agencement particulier de ce tertre, à savoir qu’il
renfermait deux cercles concentriques de galets, de la même manière que
dans d’autres ouvrages du même type dans les Pyrénées. Trois
sépultures étaient contenues dans ce tertre, ainsi que trois fosses
charbonneuses dont une contenait les sépultures 2 et 3. Ces sépultures
indiquent une utilisation du tumulus à la fin du VIe siècle, avec une
réutilisation au Ve ou au IVe siècle av. J.C. L’élément le plus
troublant, au cours de la fouille, fut la découverte de curieuses
concrétions autour des sépultures 2 et 3. Sous forme de trois masses, il
s’en fallait de peu qu’elles fussent laissées à l’écart
(le sol landais n’est pas avare de concrétions ferro-manganiques
tout à fait naturelles). Hors, une fois brossées, leur aspect métal
rouillé poussa le C.R.A.L. à en demander une restauration, du moins au
départ, un diagnostic. Le restauration permit d’identifier : 1
javelot soliferrum de 2m10, 1 couteau, 1 pointe de lance, 2 talons
de lances, 1 fibule, 2 lames issues peut-être d’une même épée, 1
tige recourbée (issue d’une fibule ?), 1 plaquette et
d’autres bouts de fer inidentifiables. Tous ces objets étaient
tordus, enroulés sur eux-mêmes, comme souvent dans les sépultures de
l’Age du Fer (moyen de rendre inoffensives les offrandes ?).
La datation de ce matériel permet de placer parfaitement d’un point
de vue chronologique les sépultures 2 et 3 : entre 470 et 450
av. J.C. On peut sans risques supposer qu’il s’agissait là de
la sépulture d’un guerrier.
Le chantier de fouille qui a le plus longtemps occupé le
C.R.A.L. est indéniablement celui de Mouliot à Laglorieuse. Six
campagnes de fouilles auront été nécessaires, de 1995 à 1997 et de 2000 à
2002. Sur une superficie de 4082 m2, pas moins de
137 sépultures, 27 fosses charbonneuses et 57 alignements de pierres ont
été dégagés, ainsi que de nombreux fragments de grandes
jarres, sans oublier un petit habitat de la même période à
proximité. Nécropole sans doute la plus importante d’Aquitaine,
elle va faire l’objet d’une monographie, puisque sur ce seul
terrain se concentre une grande variété de formes et de décors au niveau
des vases. Une étude anthropologique des ossements est également en
cours. A noter que peu d’éléments métalliques ont été trouvés,
quelques anneaux, des fragments de tiges et de fibules en bronze. La
présence d’un tel site du début du Premier Age du Fer indique
qu’il existait certainement à proximité un foyer de peuplement,
suffisamment structuré pour qu’il y ait fréquentation d’un
cimetière communautaire. Ce possible « hameau » reste encore à
découvrir.
La deuxième nécropole se trouve à Beylongue. Prospectée et
sondée, elle a livré 3 sépultures et quelques ossements. Les sépultures
1 et 2 étaient contiguës ; en revanche, la troisième
était
distante de 9m30 des deux autres. Il est plus que probable que
d’autres sépultures existent sur ce terrain, mais le labour de
semis de pins n’a pas laissé apparaître suffisamment
d’indices pour les localiser.
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L’Antiquité
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L’intégration à l’équipe en 2000 d’un
nouveau membre a permis d’ouvrir le champ d’investigation à
la période antique. De manière solitaire, il a mis en évidence
l’existence d’un peuplement long sur la commune de Gouts, du
IIe siècle av. J.C. au Haut Moyen Age, sans hiatus. Beaucoup de questions
demeurent sur l’identité du site de Gouts qui couvre 10
hectares : relais routier ? Villa ? Petite agglomération
rurale? La publication concernant les prospections
effectuées sur ce village est en ligne sur ce site.
Le même chercheur bénévole a également soulevé la question
d’un peuplement antique sur le site de l’ancienne paroisse de
Bézaudun, à Arengosse, riche en céramique commune, amphores, tegulae
et imbreces, sans oublier quelques monnaies.
En 2002, cette fois-ci en équipe, les recherches ont
continué à être fructueuses sur cette dernière commune, puisqu’un
four de tuilier antique a été identifié et fouillé.

Au carrefour de l’histoire et de
l’archéologie, les sites de Gouts et Bézaudun interrogent
inévitablement sur l’implantation des populations du Haut Moyen Age
sur un contexte antique : c’est à l’émergence de la mise
en place du réseau paroissial que nous assistons peut-être sur ces deux
lieux ; Gouts, par exemple, connaît un peuplement sans hiatus depuis
le Haut-Empire (et probablement depuis la République) jusqu’au
VIIIe siècle. Cette paroisse dédiée à Saint Martin,
l’évangélisateur des Gaules, est probablement de première
génération, c'est-à-dire fondée autour du Ve-VIe siècle. Il est à noter
qu’au cours du mois d’août 2003, une campagne de
sondage-diagnostic sur un des bâtiments antiques repérés dans ce même
village a été réalisée. La mise en place d’une équipe universitaire
issue de Pau facilite, année après année, la compréhension du peuplement
de cette zone économiquement stratégique située à proximité de la
confluence Midouze-Adour.
De la céramique antique est apparue également sur
plusieurs communes de la région de Tartas et de Mont-de-Marsan,
ponctuellement et sans contexte apparent. La question du peuplement
antique sur la zone de sable des Landes n’est toujours pas
résolue : nul habitat n’a pu être clairement identifié ou
fouillé dans le Marsan et le sud de la Grande Lande, à part une structure
bâtie à Brocas, fouillée anciennement.
Mais très récemment, nous avons clairement repéré des
structures antiques du Haut-Empire en pleine Grande Lande : ces
sites sont en cours d’exploration, mais ils risquent de changer
dans les années à venir la perception que les historiens ont du
peuplement et du boisement antiques dans cette partie des Landes. Voir les premiers résultats
ici.
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Le
Moyen Age
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L’intérêt pour le Moyen Age est lui aussi récent
dans les objectifs du C.R.A.L..
Les traces de peuplement du Haut Moyen Age ne sont
malheureusement que trop peu nombreuses. C’est une période que
l’on a encore du mal à cerner dans le département : la
compréhension de la formation du réseau paroissial et de la
réorganisation germanique puis vasconne ne sont que trop peu ou pas du tout complété par
des découvertes sur le terrain.
Si divers éléments architecturaux repérés dans les églises
par l’éminent spécialiste qu’est M. J. Cabannot remontent parfois au VIe
ou VIIe siècle, les structures domestiques ne sont pas discernables :
y a-t-il eu, comme cela est souvent avancé pour d’autres régions
françaises, régression ? Le fait que l’on ne retrouve aucune
trace d’habitat tient aussi peut-être au fait que
l’équipement modeste des populations rurales de cette période était
en matière périssable, non conservée : une vaisselle de bois
n’a aucune chance de résister à l’acidité importante du sol
landais, pas plus que des restes de construction.
Il n’y a guère que le monde des Morts, une fois
encore, qui a pu livrer quelques éléments tangibles. Si dans notre
paragraphe précédent, nous avions évoqué un peuplement sans hiatus à
Gouts, c’est grâce aux artéfacts d’une probable
nécropole : un fragment de plaque-boucle du VIIe siècle, une agrafe
à double crochets du VIIIe et un rivet scutiforme en bronze étamé du VIe
siècle. Grâce aussi aux objets retrouvés sur une deuxième nécropole
(certaine) : une plaque-boucle en bronze étamé du VIIe siècle, une plaque-boucle en fer damasquiné du VIIe siècle et une petite
plaque en fer de forme trapézoïdale à deux bossettes et un tenon de
fixation au dos. A Bézaudun, un fragment de plaque-boucle du VIIe ou
VIIIe siècle permet lui aussi d’avancer l’hypothèse
d’un peuplement haut médiéval dans le Brassenx.
Pourtant, ce Haut Moyen Age jusqu’ici bien
mystérieux commence à être repéré et identifié : les fouilles
préventives à l’est de Mont-de-Marsan, à l’emplacement de la
future prison ont permis à l’équipe de F. Marembert de dégager les
restes d’un hameau du VIIe siècle, avec habitats et zone artisanale
(fer). La surveillance des semis de pins du sud Marsan a également
apporté ces dernières années des informations complémentaires quant à ces
siècles encore mal connus qui s’échelonnent de l’Antiquité
tardive au Haut Moyen Age. La nécropole protohistorique de Laglorieuse
avait elle-même livré un ensemble céramique cohérent sur ce qui fut un
petit habitat altomédiéval. Ces exemples vont nous servir petit à petit à
plus clairement identifier les artéfacts pouvant être rattachés à cette
période.
Mais c’est le Bas Moyen Age qui est le mieux
représenté.
En effet, des prospections menées à Beylongue et dans le
Brassenx en général depuis 2001, mettent en évidence la présence de
plusieurs structures de production potière, vraisemblablement aux
XIIIe-XIVe siècles. Les formes sont simples (vases ovoïdes ou
« oules ») et les textures de pâte similaires d’un site à
l’autre : céramique grise ou beige à dégraissant quartzeux
avec parfois quelques paillettes de mica.

Vase ovoïde retrouvé à Beylongue, pâte beige.
Les décors de ces vases dépourvus de glaçures sont
généralement incisés (lignes, pointillés, ondulations) ou constitués de
cordons rapportés en position horizontale et incisés. Les moyens de
préhension (sur cruches et bassins) sont généralement des anses boudin
verticales et des oreilles horizontales. La majorité (ou totalité ?)
des fonds de vases ovoïdes sont lenticulaires et fins. Vu la quantité de
matériel ramassé et son faible éventail morphologique, nous tentons
actuellement la mise en place d’une typologie de base pour la
description de cette production landaise (dessin de quelques bords).
Un atelier de réduction du fer a aussi été retrouvé,
associé à de la céramique médiévale, sans que l’on puisse
parfaitement dater cette structure : aucun objet métallique fini
n’a été exhumé lors du sondage-diagnostic réalisé.
Le seul site véritable de peuplement qui ait été exploré
reste le complexe castral de Bézaudun, où l’occupation semble
commencer dès le Haut Moyen Age, avec une prédominance du XIIIe au XVe
siècle (une partie du mobilier métallique). Cela dit,
durant l’hiver 2005-2006, une prospection a montré
l’existence à l’est de Brocas-les-forges, la présence
d’un site probable de peuplement, particulièrement riche en
céramique. Il semble en outre qu’au moins une structure artisanale
de réduction du fer ait été présente. L’abondance du matériel
céramique, comparable à celle notée sur les sites de Beylongue, nous
incite à supposer l’existence d’un lieu dévolu à la
production potière. Ce qui fut certainement un hameau à l’étendue
pour l’heure non définie, est localisé à quelques kilomètres du
castrum des Albret…
Dernières nouvelles (juin 2007) :
_ l’étude du mobilier céramique du site repéré à
Brocas-les-Forges l’année dernière a montré que nous sommes bien en
présence d’un locus du Haut Moyen Âge. Cette période jusqu’alors
peu connue dans notre zone apparaît finalement de plus en plus : un
lot de céramique récupéré dans un ruisseau de Beylongue en 2001, peut,
après réexamen, être rattaché à l’Antiquité tardive/HMA. Un autre
lot, recueilli à Saugnac-et-Muret, présente de grandes similitudes avec
de la céramique du VIIe siècle retrouvée en fouille à Mont-de-Marsan par
F. Marembert (INRAP) sur le chantier de la nouvelle prison (travaux de
notre collaborateur J-P. Lescarret). Beaucoup plus récemment, un
enseignant nous a signalé une remontée de matériel à l’occasion de
travaux forestiers sur une ancienne paroisse disparue de la lande : céramique,
verre, scories…pour un site (et par conséquent une paroisse) attribuable
au Haut Moyen Âge (toujours vers le VIIe siècle).
_ en parallèle, les prospections menées par une partie du
CRAL dans le Marsan ont permis de leur côté de combler en partie un vide,
celui du Second âge du Fer. Il n’y a plus de hiatus dans les Landes
de Gascogne, notamment dans sa partie méridionale !
_ côté nord, les traces de campements du néolithique
ancien continuent d’être localisées en vallée de la Leyre et,
nouveauté encore, l’Antiquité commence à se montrer en sud Gironde,
entre Leyre et Ciron (travaux de notre collaborateur G. Belbeoc’h).
_ la nécropole du Premier Âge du Fer de Mazerolles, sondée
déjà l’année dernière, a été ce printemps cernée. De nouvelles sépultures
ont été sorties, ainsi qu’un nouveau demi arc de cercle de pierre
(et non « cercle de pierre érodé » comme certains voudraient le
faire croire sans avoir vérifié sur le terrain le contexte pédologique et
géologique de ce type de découverte signalé ailleurs : Mios,
Laglorieuse…). L’investigation sur ce site de « Petit
Arguence » est terminée. L’analyse des restes osseux a démarré.
à suivre…
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