Qu'est ce que l'Age du Fer ?

 

Generalites

"Age du Fer : période protohistorique durant laquelle la métallurgie du fer s'est généralisée (à partir du VIII s. av. J.-C. en Europe occidentale où les stations éponymes de Hallstatt [800-450 av. J.-C.] et de La Tène [450-25 av. J.-C.] désignent le premier et le second âge du Fer."

Cette définition tirée du Larousse Illustré de 2005, bien que simpliste, nous permet d'appréhender de manière globale ce que l'on appelle l'Age du Fer. C'est l'utilisation de ce métal qui a donné son nom à cette période. La distinction entre les deux Ages du Fer correspond à différents critères relatifs à la fois à l'utilisation de cette technologie, aux types d'habitats, aux pratiques funéraires mais aussi au mobilier produit durant ces époques. Aujourd'hui, on préfère utiliser les notions de Premier et de Deuxième Age du Fer car les régions ont connu à la même époque des cultures très différentes de celles du site de Hallstatt et de celui de La Tène.

Pour autant, il ne faut pas penser que c'est la première fois de l'Histoire que le fer est utilisé. Cette technologie est connue depuis le 2ème millénaire avant J.-C. chez les Hittites (qui sont déjà entrés dans l'Histoire puisque possédant l'écriture), puis s'est répandue au Proche et Moyen Orient, en Egypte puis dans le reste de l'Europe occidentale.

Pour ce qui est de l'utilisation du métal en Europe occidentale, au Premier Age du Fer, on trouve ce dernier le plus souvent en contexte funéraire. Il correspond surtout à des armes, mais aussi à certains types de vases associés à une classe sociale élevée. Ce n'est qu'au Deuxième Age du Fer que ce métal se généralise et est plus fréquemment utilisé : les sites d'habitat livrent notamment de nombreux outils liés à l'agriculture ou à d'autres activités comme la construction. Il est toutefois important de souligner que la métallurgie du fer apparaît ponctuellement à la fin de l'Age du Bronze et permet de constater la continuité qui peut exister entre ces deux périodes.

La définition mentionne le terme de Protohistoire, qui reste souvent flou. Là encore il suffit de prendre le dictionnaire :

"Protohistoire : période chronologique, intermédiaire entre la préhistoire et l'histoire, et qui correspond à l'épanouissement de cultures connues indirectement par des textes qui leurs sont extérieurs."

Pour être plus clair, on peut dire que les peuples de l'Age du Fer nous sont surtout connus par les textes grecs et romains. Nous n'avons pas de textes de l'Age du Fer où les populations parlent d'elles même. Nous n'avons d'ailleurs pas de textes tout court... Seuls des témoignages tardifs comme les inscriptions funéraires sur stèles de l'époque gallo-romaine nous permettent d'appréhender la langue des peuples de l'Age du Fer.

Parfois, on considère le Néolithique comme appartenant à la Protohistoire bien qu'aucun texte connu ne soit antérieur à 3000 avant J.-C. Toutefois, on ne peut placer le Néolithique sous la bannière de la Préhistoire du fait de la sédentarisation et de l'apparition de l'agriculture et de l'élevage, qui prouvent un changement radical de mode de vie.

La Protohistoire concerne également des périodes plus récentes, puisque des populations connues par des récits écrits ou oraux postérieurs à celles-ci sont également considérées comme protohistoriques (ex : la Grèce Homérique et certaines populations de Polynésie).

 

Qui ? Quand ? Où ? Pourquoi ?

Comment date t'on une nouvelle période chronologique ? Vaste question... La meilleure solution consiste à faire des comparaisons. Par exemple, sur le site funéraire de Hallstatt, en Autriche, certains éléments de mobilier étaient importés de Méditérranée et pouvaient ainsi être datés. Par la suite, on remarqua sur le site de La Tène que les niveaux livrant du mobilier semblable à celui de Hallstatt étaient antérieurs à d'autres niveaux livrant un autre type de mobilier caractéristique.

C'est de cette manière que l'on put placer en chronologie relative les deux périodes. Heureusement que les deux sites ont été découverts à peu d'intervalle l'un de l'autre, durant la seonde moitié du 19ème siècle.

Pensons que ce gros travail de déchiffrage des premières données nous permet aujoud'hui de nous consacrer à des sujets bien plus précis, malgré tous les torts qu'ont pu avoir les premiers chercheurs en ramassant le mobilier. Il faut replacer l'histoire dans son contexte : sans la curiosité parfois maladive de ces érudits, et malgré des méthodes parfois peu élaborées, ils ont permis de lancer les premières pistes de recherches. Certaines ont certes bien évolué depuis, mais il est important de rendre hommage aux premiers à s'être intéressés à l'archéologie...