Problèmes et questions relatifs à l'habitat (1/3)

 

L’habitat protohistorique est très mal appréhendé dans le sud-ouest. De manière générale, notre région est en retard par rapport à celles qui l’entourent. Les chercheurs sont relativement rares et la plus grande partie du travail est réalisé par les associations. De plus, dans une région où les structures funéraires sont nombreuses, l’intérêt pour l’habitat ne s’est développé que de manière tardive. Aujourd’hui, ce domaine est au centre de la recherche archéologique. Et pourtant, par chez nous, les recherches manquent… Il faut aussi réaliser que la définition d’un réseau d’occupation du sol n’est pas chose aisée. Alors que les enceintes ou nombreux « camp de césar » sont connus depuis fort longtemps, les habitats de moindre ampleur ne peuvent être caractérisés que par une prospection systématique ou par un bon coup du hasard.


La conservation de l’habitat

L’habitat protohistorique est généralement conçu en matériaux périssables. Jusqu’à présent, les habitats proposant des structures bâties en pierre sèche sont très rares. N’imaginons pas pour autant des peuples barbares incapables de construire autre chose que des huttes ! Les découvertes réalisées dans d’autres régions ont montré que certaines constructions sont parfois de très grande ampleur et je ne suis pas sûre que nous puissions aujourd’hui égaler ces bâtisseurs. Malheureusement, les traces laissées par ces constructions sont minimes : sablières basses et trous de poteaux sont les principaux indices qui permettent de déterminer l’emprise d’un bâtiment. Ajoutons avant d’entrer dans le vif du sujet que chaque habitat est dépendant des ressources qui l’entourent. Il n’est alors pas étonnant que les rares constructions de pierres soient situées dans des zones présentant des plateaux calcaires ou à proximité de la montagne. Il semble clair que dans le triangle landais, il y a peu de chances de découvrir de telles structures.

De plus, certains sols ne nous permettent que difficilement d’appréhender les structures en creux : les creusements dans le sable sont indécelables, sauf s’ils livrent un abondant mobilier ou si, avec un peu de chance, un poteau a brûlé dans son trou. Autre indice : les pierres de calage de poteaux. Ces dernières nous sont d’une aide précieuse quant il s’agit de définir la localisation des trous de poteaux mais elles ne nous permettent pas d’en appréhender le profil. Les limons sableux de la vallée de la Garonne peuvent avoir les même travers, ce qui est très problématiques lorsque l’on tente d’étudier des habitats de grande ampleur. Il est ausi possible que les maisons n'aient pas eu de fondations, comme c'était le cas dans les Landes au siècle dernier.


Vous vous demanderez alors ce qui nous reste pour tenter d’appréhender les habitats. Les sols peuvent être facilement identifiables, surtout lorsqu’ils sont constitués d’étendues de galets. Mais si les trous de poteaux ne sont pas visibles, il reste difficile de dire que le sol correspond à l’ensemble du bâtiment. Il peut aussi arriver que suite à des évènements que nous ne connaissons pas (incendie, tempête…), un habitat puisse être détruit et nos offrir une sorte d’arrêt sur image. Les cas sont toutefois bien rares mais nous apportent généralement des informations importantes : en effet, le bois calciné se conserve. On peut également découvrir les céramiques écrasées sur place, ces dernières nous donnant des indices supplémentaires nous permettant de définir l’espace de l’habitat.

L’eau est aussi un élément qui permet la conservation des matériaux périssables. Ainsi, des habitats entiers ont été découverts. Le meilleur exemple concerne les différents sites sous les eaux du lac de Sanguinet.