Le monde funéraire (3/13)

 

Les différentes structures funéraires


  • Les tumulus

 

Et les sépultures ?


Dans ces tertres, l’implantation des sépultures est elle aussi variable. Leur nombre peut aussi être surprenant. Dans le triangle landais (département des Landes et de la Gironde notamment), les sépultures sont peu nombreuses, de une à quatre généralement, alors que les imposants tertres du piémont peuvent en livrer des dizaines. Ces dernières peuvent être éparses dans le tumulus, mais dans certains cas, elles sont regroupées dans une partie du tertre (tumulus 10 du plateau de Ger par exemple, fouille Général Pothier). Certaines sont situées à la base du tertre, d’autres dans son épaisseur mais il semble établi que ces différentes sépultures ne se recoupaient pas, ce qui implique l’existence d’un système de signalisation des sépultures qui n’a pas été conservé.  Jusqu’à présent, ce point n’avait pas réellement été exploité. Cependant, lorsque l’on reprend les publications anciennes, on se rend compte de la présence, dans des zones où la pierre est rare et où la structuration des tertres est simple, de galets surplombant l’urne funéraire. Il est clair que dans les tertres du piémont, si délicats à étudier, l’attention des chercheurs ne devait pas se focaliser sur ces pierres, si elles existaient. On peut penser que ces dernières marquaient elles même la sépulture ou servaient de calage à une signalisation plus imposante en matériaux périssables.

 

Le tumulus 10 du plateau de Ger, d'après J.-P. Mohen.


Gestes funéraires


Grâce à certaines publications anciennes, il a été possible de comprendre en partie comment se déroulaient les « funérailles ». Cependant, il est plus que probable que les choses diffèrent légèrement d’une microrégion à l’autre, ou d’une période à l’autre. Il ne faut donc pas prendre ce qui suit pour règle générale mais comme une base de travail.
Pour ce qui est de la crémation, il peut y avoir deux cas de figures : soit le défunt est incinéré sur place, là où se trouvera le tertre, soit dans un endroit qui nous est inconnu. En effet, alors que certaines sépultures nous montrent clairement qu’il y a eu simple apport de terre cendreuse dans la fosse sépulcrale, d’autres ont livré des zones rubéfiées en argile qui semblent indiquer que le bûcher avait été dressé à cet endroit (des charbons et des cendres étaient également présents dans la masse tumulaire). Après la crémation, les ossements ont subi un choc thermique ou mécanique (on peut par exemple avoir jeté de l’eau directement sur le bûcher, ou les os peuvent avoir été récupérés et broyés par exemple). Nous ne sommes pas en mesure de dire si un choix dans ces os était effectué ou si l’on récupérait l’ensemble. Les petites quantités d’ossements que l’on trouve dans les urnes ne sont pas très parlantes car le sol est acide et a tendance à faire disparaître les ossements. De plus, très peu d’analyses anthropologiques ont été menées. Quoi qu’il en soit, les restes osseux étaient placés dans l’urne, parfois dans le petit vase accessoire, voire à l’extérieur des vases.