Le monde funéraire (2/13)

 

Les différentes structures funéraires


  • Les tumulus

 

Présentation

On trouve des tumulus du Premier Age du Fer dans toute la région concernée. Ces derniers ne correspondent pas à un modèle unique et au contraire, on voit se développer des « originalités » qui se traduisent par des structures clairement différenciées. Ces tumulus, à l’origine, étaient interprétés par les érudits du début du siècle dernier, comme des « huttes » abandonnées et transformées en tombes à la mort des propriétaires. Certains composants des tumulus étaient mal appréhendés et interprétés comme liés à la vie domestique.

"Les tumulus n'étaient pas seulement des tombeaux, mais aussi et surtout les restes d'habitations, les restes de huttes de terres effondrées. Quelques-uns de ces tertres renferment un mobilier funéraires, mais ils ont été tous primitivement des huttes, et ce ne serait que secondairement qu'on y aurait déposé les cendres d'un ou plusieurs de leurs habitants." Dufourcet et Testut, Bull. de la Soc. Borda, 1885, p.307.

 

Dimensions

La taille des tertres est variable : ces derniers peuvent être de petite taille, aux alentours de 8-10 mètres de diamètre alors que d’autres sont bien plus impressionnants (un des tumulus de la nécropole de Pujaut par exemple mesurant 34 mètres de diamètre). Pour autant, nous devons rester prudents  quant à ces informations car l’érosion a pu jouer un rôle important dans la conservation de ces tumulus. Toutefois, d’autres aspects nous laissent penser que d’importantes différences existaient entre les tertres, érosion ou non. Précisons également que la taille parfois imposante peut être due à la réutilisation de ces derniers. Pour vous donner un exemple, nous citerons un tumulus fouillé au début du siècle dans la vallée de la Leyre, dans la nécropole de Pujaut. Ce dernier avait livré à B. Peyneau, son inventeur, plusieurs sépultures. Malgré l’époque (nous sommes ici dans les années 1910-1920), l’érudit a été capable de démontrer par la stratigraphie que la structure avait subi des agrandissements relatifs à la mise en terre de nouvelles sépultures. Malheureusement, rares sont les fouilleurs du début du siècle à avoir pris en compte la stratigraphie des tertres et nous ne pouvons pas souvent affirmer que les tertres ont été agrandis. 

Coupe du tumulus A de Pujaut
(J.-P. Mohen, A. Coffyn, 1970), d'après B. Peyneau

 

Structuration interne


Ces tertres  ont livré des structures très variées, surtout lorsque l’on se rapproche du piémont pyrénéen. Alors que certains ne correspondent qu’à de simples tertres de terre ou de sable, d’autres présentent des structures de pierres (variable selon la région : garluche dans le triangle landais, galets dans la vallée de l’Adour par exemple). La plus fréquent consiste en un simple cercle de pierre, parfois doublé ou triplé. Nous ne sommes pas en mesure de vous dire si ce ou ces cercles étaient à l’origine situés à l’intérieur ou à l’extérieur du tumulus proprement dit, faute d’analyses adéquates. La présence ou l’absence de fossés entourant les tumulus n’est pas un aspect qui a intéressé les anciens chercheurs, ce qui ne nous permet aucune remarque sur l’ampleur présumée des tertres. Ces cercles de pierres sont parfois complétés par l’existence de zones de galets qui à l’heure actuelle sont incomprises et ne peuvent être mises en relation avec les sépultures. Comme vous pouvez le voir sur les illustrations, certains tertres sont complexes : le tumulus  Ibos 1 dans les Hautes-Pyrénées (fouille R. Coquerel) consiste en réalité en la réunion de deux tertres placés à proximité l’un de l’autre. Rappelons que ces structures ont été fouillées anciennement et que par conséquence, certaines données manquent pour nous permettre d’en comprendre le fonctionnement.

 

Tumulus Ibos 1, d'après J.-P. Mohen