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Les Landes archéologiques

Les Landes archéologiques

La revue archéologique

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Le PCR sur la Grande Lande

De 2004 à 2007, une dizaine de chercheurs se sont associés au sein d'un Projet Collectif de Recherche (P.C.R.) afin de mieux comprendre l'anthropisation (=le peuplement et son impact sur l'environnement) d'un milieu particulier, celui des Landes de Gascogne. Celles-ci ont été jadis dévalorisées avec une volonté implicite d'en faire un no man's land, une zone ingrate, défavorisée, voire dangereuse : landes rases, forêt rachitique, marais, maladies, sables mouvants, désert...sont les lieux communs habituellement ressassés encore aujourd'hui pour évoquer le passé de cette région! Le but majeur de cette mauvaise publicité était de justifier une politique forestière de privatisation des terrains au XIXe siècle, entérinée par la loi du 19 juin 1857 (Napoléon III) (voir aussi cette page). Malheureusement, cette intoxication intellectuelle a profondément marqué les générations qui se sont succédées jusqu'à aujourd'hui. Même si une documentation fiable (géologique, palynologique, archéologique et historique) existe et dément les présupposés habituels sur le passé des Landes de Gascogne, il est dur de se battre contre ce qui est devenu un mur de certitudes, d'autant que les forestiers eux-mêmes continuent de colporter certaines idées, reprises à leur compte par les enseignants.

Depuis une vingtaine d'années, deux groupes de recherches ont été les artisans d'un revirement complet de la compréhension du passé des Landes de Gascogne :

_ le Conseil Scientifique du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne, mené par le géographe A. Klingebiel

_ le Centre de Recherches Archéologiques sur les Landes, mené par J.-C. Merlet.

Le Conseil Scientifique, avec la collaboration du CNRS, de la Société de Borda ou de la Fédération Historique du Sud-Ouest a organisé différents colloques et en a publié les actes :

_ La Grande Lande, histoire naturelle et géographie historique (actes du colloque de Sabres de novembre 1981)

_ La Grande Lande, géographie historique (actes du colloque du Teich d'octobre 1985)

_ La Leyre et son bassin versant (actes du colloque de Pissos d'avril 1992)

_ Le Delta de la Leyre (actes du colloque du Teich d'octobre 1993)

_ Les Landes, entre tradition et écologie (actes du colloque de Sabres de mars 1995)

_ Ressources minérales du sol et du sous-sol des Landes de Gascogne (actes du colloque de Brocas de mars 2000)

_ Un pays dans sa langue : le gascon dans l'ensemble d'Oc (actes du colloque de Sabres d'octobre 2004)

Ne pas oublier deux cahiers publiés par le Parc Naturel :

_ Travaux et colloques scientifiques n°2 (1998); regroupe divers articles sur l'environnement, l'archéologie et l'histoire.

_ Travaux et colloques scientifiques n°4 (2002) : Occupation humaine dans le delta de la Leyre - Collections de l'Ecomusée de la Grande Lande : fonds Jules Chambrelent.

Le Centre de Recherches Archéologiques sur les Landes a publié de nombreux articles sur le peuplement ancien des Landes de Gascogne (principalement en Protohistoire) et a été l'initiateur d'investigations paléoenvironnementales dès le début des années 90 par l'étude des lagunes du Marsan.

Lagune entre Brocas-les-Forges et Vert.

Présentation de l'équipe de recherche du P.C.R. Lagunes des Landes de Gascogne, anthropisation des milieux humides de la Grande Lande :

_ direction scientifique : Jean-Pierre Bost et Jean-Claude Merlet

_ maîtrise d'oeuvre : Jean-Claude Merlet

_ participants : Hervé Barrouquère, Gwénolé Belbeoc'h, Marie Bilbao, Sylvain Ducasse, Elodie Faure, Didier Galop, Bernard Gellibert, Michel Lenoir, Jean-Pierre Lescarret, Julia Roussot-Larroque, Jean-Pierre Texier, Didier Vignaud.

Présentation des 12 axes de recherches préliminaires, définis lors de la mise en place du PCR en 2003-2004 :

  • Axe de recherche n° 1 :
La formation des lagunes n 'est pas totalement élucidée. Un phénomène périglaciaire par fonte de lentilles de glace du sous-sol (type pingos) ou par palses minérales est le plus souvent mis en avant, sans faire l'unanimité faute de preuves déterminantes. Des éléments iraient en ces sens. La chronologie d'évolution des lagunes reste à établir (Legigan. Marambat. 1993). Pour faire avancer le débat, il est indispensable de procéder à des analyses sédimentologiques sur plusieurs lagunes et d'accéder à des coupes.

  • Axe de recherche n° 2 :
La probabilité de découvrir des traces de Paléolithique est faible, mais non nulle, comme le montrent la trouvaille d'une pointe à cran solutréenne à Sabres à la fin du XIX s., et surtout les fouilles récentes d'un gisement du Badegoulien au sud, à Brocas (Gellibert, Merlet, 2001) et d'un gisement du Magdalénien supérieur au nord, au Tuzan (Lenoir, Belbéoc'h, 2000).

  • Axe de recherche n° 3 :
Le repérage des occupations du Mésolithique et du Néolithique ancien et moyen est un des enjeux de l'opération, l'implantation des campements de ces périodes ayant pu être commandée par les milieux humides. Pour le Mésolithique, un modèle théorique inspiré des régions sablonneuses des Pays-Bas a été proposé (Musch, 1996), qu 'il convient de vérifier sur le terrain. Le passage des derniers chasseurs-cueilleurs aux premiers éleveurs-agriculteurs sur ces sols sablonneux de l Aquitaine occidentale s'est-il effectué selon des modalités comparables à celles d'autre groupes installés sur des terroirs plus favorables à l'agriculture ? (Roussot-Larroque, 1985). Récemment, un premier jalon du Néolithique ancien vient d'être identifié à Saugnac-et-Muret (Lescarret, Merlet, 2002). En l'absence de gîtes de silex dans le territoire de l'étude, comment a circulé la matière première des industries lithiques? Quelles relations campements-lagunes-ruisseaux peut-on établir?

  • Axe de recherche n° 4 :
A partir du Chalcolithique et au Bronze ancien et moyen, le Médoc, la vallée de la Garonne et le bassin de l Adour sont peuplés assez densément, le Bassin d'Arcachon et la zone côtière (pays de Born) également. Qu'en est-il de la Grande Lande ? La vallée de la Leyre a-t-elle constitué un axe de circulation nord-sud des hommes et des techniques dès cette période ? La métallurgie du bronze, si florissante en Médoc au Bronze moyen, et dont les vestiges commencent à être relevés dans le sud (dépôts de haches métalliques et restes d'activité de bronziers en pays de Brassenx et dans le nord du Marsan) a-t-elle pénétré jusqu'au cœur des Landes de Gascogne ? Les lagunes enregistrent-elles un impact de l'homme sur le milieu, de type pastoral par exemple?

  • Axe de recherche n° 5 :
Le pastoralisme transhumant entre les Pyrénées et la plaine landaise, sert encore de modèle socio-économique pour la Protohistoire dans tout le sud de l'Aquitaine. Est-il vérifié ici, ne doit-il pas être nuancé ? Les fouilles effectuées ces dernières années dans le sud de la Grande Lande évoquent des petites unités pouvant abriter une cellule familiale. L'habitat groupé n 'a pas été rencontré. Quel rôle ont alors pu jouer les lagunes dans l'exploitation d'un terroir qui pouvait comprendre les abords des ruisseaux et le plateau adjacent ?

  • Axe de recherche n° 6 :
Le Bronze final et le Ier âge du Fer voient le développement des nécropoles en tombes plates. Le nombre de celles qui sont repérées dans les Landes ne cesse de s'accroître depuis quelques années (7 identifiées actuellement), montrant ainsi la coexistence dans les mêmes zones géographiques de nécropoles de tumulus et de tombes plates. Quelle signification accorder à ce phénomène ? Quelles correspondances peuvent être établies entre les nécropoles de la région d'Arcachon, de la région de Nérac et celles du Marsan ? Des cimetières communautaires existent-ils dans la Grande Lande ?

  • Axe de recherche n° 7 :
Des trouvailles sortant de l'ordinaire, comme le dépôt d'objets en bronze de Béliet par exemple (Roussot-Larroque, 1996) montrent l'introduction dans la région d'objets que l'on peut qualifier «de prestige», supposant des sociétés hiérarchisées et évoluées, ou du moins un tissu social autorisant la possession de tels biens. Or ce concept s'accommode mal de l'image de pasteurs miséreux parcourant la lande avec leur maigre troupeau. S'agit-il alors simplement d'objets qui circulent sur de longues distances ou bien le peuplement local revêtait-il des formes groupées autorisant l'émergence d'élites, à l'instar de régions plus septentrionales ?

  • Axe de recherche n° 8 :
Des voies de circulation se mettent-elles déjà en place durant la Protohistoire, au premier et au second âge du Fer, préfigurant les voies romaines ? Où est le second âge du Fer, dont si peu de sites ont été identifiés dans les Landes jusqu'alors ?

  • Axe de recherche n° 9 :
Une voie routière intérieure « directe » menant de Salles à Dax est attestée (Itinéraire d'Antonin). Plusieurs tronçons ont été reconnus par la photographie aérienne, mais les relais de Telonnum et Coequosa n'ont pas encore été repérés. Dans le territoire de l'étude, il n'y a aucun indice d'installation humaine d'une certaine durée, seulement de rares objets isolés, comme les dépôts monétaires de Moustey et Pissos. Faut-il admettre que durant l'Antiquité les hommes n'ont fait que passer en bordure de la zone étudiée et que celle-ci a été délaissée totalement au profit de la zone côtière et des bassins de la Garonne et de l'Adour ? Si cette lacune se confirme, quelle est la part des facteurs naturels et des facteurs socio-économiques dans ce délaissement ?

  • Axe de recherche n° 10 :
Les premières églises et la mise en place du réseau paroissial sont des questions non résolues, le haut Moyen Age étant d'ailleurs pour le moment totalement inconnu dans cette région.

  • Axe de recherche n° 11 :
Comment s'est installée la seigneurie des Albret, dont le « château de terre » de Labrit s'avère assez tardif ? Quel était au départ leur territoire et sur quelles bases le pouvoir seigneurial s'est-il appuyé? La géographie historique fournit pour la période moderne (depuis 1750) des exemples de mise en valeur agricole des lagunes (Lescarret, 1996). Ont-elles participé dès l'époque médiévale à l'exploitation des terroirs ?

  • Axe de recherche n° 12 :
Des productions artisanales, potières notamment, sont repérées depuis quelques années (centre potier de Beylongue notamment). Elles semblent avoir circulé dans la Grande Lande, mais les aires de diffusion n'ont pas été circonscrites. De la céramique grise est relevée ici et là, sans que l'on puisse encore la dater avec précision et connaître son origine. Ce thème mérite d'être approfondi.

Résumés des principaux résultats des investigations entreprises de 2004 à 2007 : 2004 - 2005 - 2006 - 2007.
Un colloque a eu lieu en 2008 à Sabres afin de présenter au public l'ensemble des résultats du PCR Lagunes, mais aussi ceux d'un autre PCR mené simultanément sur les airiaux de la Grande Lande. Plus de renseignements là : http://www.archeolandes.com/forum/viewtopic.php?id=578

En jaune, l'extension du Sable des Landes; entourée en rouge, la zone d'étude.

Dernière modification le : 21/11/2011 @ 15:25
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