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Les Landes archéologiques

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DERNIERES ILLUSTRATIONS A VENIR.
  • Période antique.


Le réseau routier antique réel (trait continu) et supposé (pointillés) dans les Landes (d'après J.-P. Bost dans Landes et Chalosses). En italique, les stations connues par les textes, en rouge les chefs-lieux de cités.

Dès 2000, l'Antiquité est entrée dans les objectifs de recherches du CRAL par l'intégration à l'équipe d'un nouveau membre.

Cette année-là, deux premiers sites majeurs ont fait l'objet de prospections de surface d'envergure, complétées par une enquête orale auprès de villageois afin de sortir de l'oubli d'anciennes découvertes: Gouts, en bordure de la vallée de l'Adour et Arengosse, dans la vallée du Bez.

Les recherches menées à Gouts ont permis de confirmer ce qui était suspecté depuis la fin du XIXe siècle et les premières découvertes : le village actuel est construit sur une bourgade antique au rôle encore à définir. En 2000, une première exploitation cartographique des gisements de surface a été mise en place : extremum des indices d'occupation (dix hectares), localisation de bâtiments, redécouverte de la voie romaine (repérée une première fois dans les années 80). L'étude du matériel récolté autorise un calage chronologique du site (du IIe siècle avant notre ère jusqu'au Haut Moyen Age) etc. Une publication a été réalisée pour présenter ces données. Par la suite, afin de pouvoir se consacrer à d'autres zones, le C.R.A.L. a décidé de confier ce site à une équipe d'étudiants de Pau; ils y ont mené plusieurs campagnes de fouilles et de prospections, aujourd'hui interrompues.


Mosaïque découverte à Brocas-les-Forges au XIXe siècle. Issue d'une villa située dans le secteur du lac des forges, elle a disparu durant l'Occupation. Elle se trouverait aujourd'hui en Allemagne.

Arengosse est un village situé au sud de la Grande Lande, au sein de l'ancienne seigneurie de Brassenx. Les résultats des prospections ont amené le CRAL à s'interroger sur ce bout de terre, connu jusqu'alors pour avoir fourni des haches polies et un peu de céramique antique autour d'une fortification importante : le castrum de Bézaudun. En effet, plusieurs sites du Haut Empire ont été découverts, tous localisés dans un périmètre proche du castrum. Ce dernier, dont l'existence était surtout attestée pour le Moyen Age (Bézaudun est une paroisse et une seigneurie au Bas Moyen Age; le castrum est muni de plusieurs mottes, chemins creux etc., aménagés sur une ancienne terrasse alluviale qui domine la vallée du Bez toute proche) semble fréquenté très tôt (fin du Néolithique). C'est durant l'Antiquité que l'occupation du sol s'accroit sur ce site (comme le prouvent les tuiles plates, les fragments d'amphores, les tessons de céramique commune, les monnaies retrouvées sur place), posant la question du rôle de ce lieu fortifié. Fort de ces acquis, le CRAL a lancé en 2002 une prospection-inventaire diachronique sur Arengosse qui a débouché sur la découverte d'un four de tuilier antique, fouillé la même année.

Plan de la tuilerie sondée à Bézaudun (Arengosse).

Au carrefour de l'histoire et de l'archéologie, les sites de Gouts et Bézaudun interrogent inévitablement sur l'implantation des populations du Haut Moyen Age sur un contexte antique : c'est à l'émergence de la mise en place du réseau paroissial que nous assistons peut-être sur ces deux lieux ; Gouts, par exemple, connaît un peuplement sans hiatus depuis le Haut-Empire (et probablement depuis la République) jusqu'au VIIIe siècle. Cette paroisse dédiée à Saint Martin, l'évangélisateur des Gaules, est probablement de première génération, c'est-à-dire fondée autour du Ve-VIe siècle.

Plusieurs sites antiques ont été découverts depuis 2002, tant dans la région du Brassenx, que dans le Marsan. Dans cette dernière zone, la surprise est venue du fait que non seulement le Haut Empire est représenté (habitats ruraux de faible superficie et peu structurés), parfois de manière remarquable (villa de Saint-Pierre-du-Mont, sondée par le CRAL en 2004), mais aussi le Bas Empire. Même si c'est de manière encore faible, c'est suffisant pour prouver l'importance du peuplement antique autour de Mont-de-Marsan sur la durée.



Cela interroge quant à l'existence d'un noyau urbain dans la zone, encore inconnu : si la ville de Mont-de-Marsan est véritablement créée au XIIe siècle et passe pour avoir récupéré les habitants d'une paroisse toute proche et aujourd'hui disparue, Saint-Genès-les-Vallées, il n'en demeure pas moins que la présence antique dans le sous-sol de la ville a été prouvée par l'archéologie. Cette idée d'une création médiévale ex nihilo, résistera-t-elle aux prochains travaux exploratoires?

-illustration céram MdM bas empire-

En 2004, la mise en place du PCR sur la Grande Lande (voir la page) a entrainé un repositionnement radical du raisonnement qui prévalait sur le peuplement antique dans la partie nord du département. Rappelons le constat désabusé que faisait l'historien J.-P. Bost en 1981 :

« Notre conclusion n'étonnera personne : la Grande Lande fut, dans l'Antiquité, une zone repoussoir. Le triangle qui passe par Belin-Beliet, Saint-Symphorien, Captieux et Houeillès, au nord, et au sud, par Morcenx, Brocas, Roquefort et les sources de l'Avance, fut un désert qui servit historiquement de frontière aux peuples riverains. L'époque romaine fit passer les frontières des cités à peu près selon la bissectrice du triangle, mais ne fixa guère là que des structures administratives, sans effet sur les établissements humains qui restèrent concentrés à la périphérie. La circulation elle-même, si l'on excepte le grand axe qui reliait Bordeaux à Dax et la Péninsule Ibérique, délaissa l'intérieur : la Grande Lande était déjà hier une région où l'on ne s'aventurait que par nécessité, mais où l'on ne s'arrêtait pas ».
Collectif, La Grande Lande, histoire naturelle et géographie historique, Actes du colloque de Sabres (27-28-29 novembre 1981), éditions du C.N.R.S., 1981.

Plusieurs parcelles du triangle Commensacq - Sabres - Trensacq nous permettent aujourd'hui de revoir ce jugement. De nombreuses concentrations de céramiques découvertes en surface se sont révélées être, après examen approfondi (sondages), les restes d'une intense activité d'exploitation de la poix, issue des pins maritimes : jarres de production, dolia de stockage, sol de cabane, dépotoirs de céramiques à usage domestique, monnaies...

Dépôtoir de céramiques communes tournées et non tournées, découvert à côté d'une structure de production de poix (Laste, Sabres).

Ces découvertes nous permettent de tirer nos premières conclusions. Il apparaît que les affluents de la Leyre (le fleuve Signatis mentionné par Marcien d'Héraclée du Pont au Ve siècle), au début du IIe siècle de notre ère, ont connu l'installation provisoire, voire saisonnière, d'artisans spécialisés dans la production de poix. Cela prouve en même temps l'existence d'un massif de résineux en ces lieux.

Sol aménagé par la réutilisation de fragments d'un dolium, découvert à Laste (Sabres) : structure domestique? (cliché 1 : en stratigraphie avant sondage; cliché 2 : sol dégagé).

De récentes découvertes au sud de Belin-Beliet, ainsi que d'autres plus anciennes réinterprétées à la vue de nos résultats, permettent d'affirmer une continuité spatiale en aval, vers la basse vallée de la Leyre. Légèrement à l'écart de cette zone, la région d'Hostens et Villagrains a quant à elle, grâce aux travaux de G. Belbeoc'h, révélé la présence de lieux de peuplement qui restent encore à exploiter pleinement. Des fragments de jarres à poix ont aussi été recueillis dans cette zone, montrant une exploitation antique du pin encore à définir dans sa géographie.

On sait par comparaison avec d'autres lieux qu'il est possible de produire de la poix de plusieurs manières à partir du bois de résineux. Le point commun est la combustion. Il convient de saluer le travail de synthèse réalisé par Robert Aufan et François Thierry, Histoire des produits résineux landais (Société Historique et Archéologique d'Arcachon et du Pays de Buch, Arcachon, 1990), qui, en plus de présenter une documentation historique et archéologique fiable, permet d'aborder les aspects techniques des diverses productions. Je vous renvoie à cette page réalisée par un des deux auteurs.

Structure de production de poix (Laste, Sabres).

Mais comment s'effectuait le transport des produits dérivés de la résine, et vers où ? Plusieurs hypothèses peuvent être prudemment avancées. Si le flottage sur la Leyre est probable, l'existence d'axes routiers secondaires transversaux se raccordant à la voie nord-sud descendant de Bordeaux n'est pas à exclure et rendrait possible le transport par la route. Si l'on prend en compte cette éventualité, l'aboutissement à Dax ou Bordeaux de la poix se justifierait. En revanche, dans l'hypothèse du flottage, où arriverait cette poix ? Au Bassin d'Arcachon, plus précisément Boïos, capitale des Boïates à Lamothe-Biganos. Hypothèse séduisante, qui pourrait être confirmée par les recherches effectuées sur place par Luc Wozny, qui a par ailleurs localisé de nombreux entrepôts en bordure du fleuve.

Jarres à poix et exploitation du pin maritime dans les Landes de Gascogne aux Ie-IIe siècles de notre ère.

Quoi qu'il en soit, la poix était un produit recherché à l'époque antique, tant pour le calfatage des navires que pour l'étanchéité de certains stockages (tonneaux, amphores). Elle était aussi utilisée comme enduit (cordages), ou encore dans la pharmacopée (cicatrisant). C'est ce qui explique peut-être la découverte d'un lot monétaire de forte valeur dans ce contexte : des transactions élevées correspondant à un produit recherché qui était peut-être obtenu ici en grande quantité. Reste la question de l'origine des artisans : aucun hameau n'a pour l'heure été repéré aux alentours. Les cités sont loin, qu'il s'agisse de Boïos (Lamothe-Biganos), Aquae (Dax) ou Atura (Aire-sur-l'Adour). Qu'en est-il des villae ? La plus proche à avoir été repérée est située sur la commune de Brocas alors qu'une autre est suspectée à Arengosse ou Villenave. Dans les deux cas, ces villae sont tout de même éloignées de plus de 20 kilomètres. Les hameaux/relais, quant à eux, implantés le long de la voie antique, peuvent être considérés comme une hypothèse alternative et/ou complémentaire. Les relais de Telonnum (peut-être à Liposthey) et de Coaequosa (Sindères), situés sur cette même voie, ne sont pas trop éloignés des sites. En parallèle, l'auteur antique Ausone, au IVe siècle décrivait, dans une lettre adressée à Paulin de Nole, les Boïates comme étant piceos, des « poisseux » : cela nous permettrait-il de penser que les artisans étaient issus du Bassin ou de la base vallée de la Leyre ? Autant de questions qui restent pour le moment sans réponse.

Contenu d'une bourse égarée ou dépôt votif? Ce lot a été constitué vers le milieu du IIe siècle de notre ère.

Dernière modification le : 21/11/2011 @ 14:42
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