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Les Landes archéologiques

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Préhistoire

  • Le Paléolithique.

Si le sud des Landes est connu depuis longtemps (notamment par les travaux de Robert Arambourou) pour des sites allant du Paléolithique Moyen au Paléolithique Final, le nord de la vallée de l'Adour n'a livré que ponctuellement des indices de peuplement antérieurs au Mésolithique. Il faut mentionner la série lithique du bourg de Pouydesseaux ou la pointe solutréenne de Sabres. Ci-dessous, deux planches réalisées par R. Arambourou pour la publication collective Landes et Chalosses (1981) :





Nos recherches n'ont que rarement porté sur des périodes anciennes dans les terrains sur lesquels nous avons travaillé. Néanmoins, nous avons eu l'opportunité de mettre au jour en 1998 un site du Magdalénien à Brocas-les-Forges, le site de Cabannes.

Découvert dans un semis de pins récent, où quelques éclats de silex avaient été remontés par le labour de manière très localisée, l'observation du matériel récolté lors du ramassage ne laissait planer aucun doute sur l'identité du gisement enfoui : un grand nombre de ces silex étaient en fait des chutes de burins, c'est-à-dire des déchets de fabrication de l'outil principal de la fin du Paléolithique Supérieur, le burin.

La fouille entreprise sur 102 m² confirma les soupçons : il s'agissait en fait d'un campement de chasseurs du début du Magdalénien (=le Badegoulien), caractérisé par la présence d'un outillage important : 1102 raclettes, 392 burins, 71 perçoirs, 21 grattoirs, 9 microlithes et 14 outils divers (racloirs, encoches, pièces esquillées).



En tout, 31 kg de silex ont été retrouvés, soit plus de 30 000 produits de débitage. Élément intéressant, au milieu du silex, 21 plaquettes de grès ferrugineux brûlées et fragmentées ont également été observées de manière très localisée. Ce grès ou cuirasse n'est pas présent naturellement sur le site. En revanche, ces plaquettes brûlées sont à mettre en relation avec la présence de très nombreux fragments d'hématite mêlés au silex : l'hématite, matière colorante d'origine minérale, a pu être produite par le chauffage de la garluche dans un foyer. Cette dernière prend, à 600°C, une couleur rouge violacée et donne des oxydes ferreux.



L'élément le plus important reste la présence d'un site aussi ancien, dans une zone où il y a peu, personne n'aurait pensé pouvoir le trouver. En effet, c'est sur un plateau interfluve et mal drainé de la Grande Lande que le gisement se situe et, qui plus est, à « faible » profondeur : 70 centimètres. Normalement, l'épandage de sables éoliens de la période Tardiglaciaire aurait dû recouvrir ce site, comme ailleurs dans cette partie du département, de plusieurs mètres ; ici, l'épandage s'est produit de manière moins importante, à moins qu'une partie ait disparue lors des 10 000 dernières années par colluvionnement...la chance était du côté des prospecteurs.



Des recherches entreprises dans les landes girondines, principalement du côté d'Hostens et de Villagrains, sous l'impulsion de deux chercheurs (Gwenolé Belbeoc'h et Michel Lenoir) font évoluer notre connaissance du peuplement au Paléolithique Supérieur. Plusieurs gisements magdaléniens et aziliens ont été repérés dans la zone évoquée et certains d'entre eux fouillés. Il s'agit souvent de campements de petite surface, localisés en zone humide. L'approvisionnement en silex se fait à partir de l'anticlinal de Villagrains et du littoral (galets), mais aussi de la région plus éloignée du Bergeracois. L'Azilien commence aussi à apparaître dans la Grande Lande, mais dans cette dernière, c'est la fin du Mésolithique/début du Néolithique qui a créé la surprise lors de ces dix dernières années.

  • Le Néolithique


Si le Néolithique est connu du public pour ces haches polies, ces pointes de flèches et l'apparition de la poterie, ainsi que des notions générales acquises en 6e : sédentarisation des populations, apparition de l'élevage, de l'agriculture etc. notions arbitraires tant les disparités régionales sont importantes.

La prospection des labours forestiers et des champs dans deux vallées distinctes s'est révélée depuis la fin des années 90 fructueuse. Aux abords de l'Estrigon et de la Leyre (ou de leurs affluents), plus d'une dizaine de campements ont été localisés. Réduits dans l'espace (quelques dizaines de mètres carrés), ils n'en sont pas pour autant avares en matériel : certains sites ont livré plusieurs milliers d'éclats de silex, dont une partie seulement est retouchée (souvent moins de 20%). Deux publications ont d'ores-et-déjà porté sur ces sites (un de Saugnac-etMuret, les autres de la région de Labrit) et un sondage a été mené en automne 2007 sur le dernier campement à avoir été découvert à Sabres.



Déjà, plusieurs caractéristiques se dégagent :

_ des sites de faible surface

_ des campements parfois proches gépgraphiquement, posant la question de la coexistence de groupes identiques sur un même espace

_ une fréquentation des bords de cours d'eau pour l'habitat et des bords de lagunes pour la prédation (chasse et pêche)

_ un approvisionnement en silex d'origine littorale (ou fluviatile non localisée) et chalossaise

_ un débitage lamellaire et laminaire

_ des séquences d'artéfacts quasi identiques d'un groupe à un autre (même types d'armatures : trapèzes, triangles scalènes, fléchettes à retouches semi-couvrantes, segments du Bétey...)

_ absence de céramique



Groupes peut-être familiaux, relativement mobiles, ils sont qualifiés de chasseurs-cueilleurs et ont été manifestement peu ou pas touchés par le processus de néolithisation déjà enclenché en zone méditerranéenne. Bien que le fonds Mésolithique soit réel, la présence d'armatures évoluées signe les prémices de l'évolution Néolithique (notamment les segments du Bétey qui trahiraient une influence ibérique).

Quelques microlithes de la région de Labrit.

Il est enfin à préciser que la région d'Hostens (Gironde) a aussi livré des indices concordants quant à l'existence de groupes nomades à la même signature chronoculturelle. Nous sommes donc là face à une anthropisation nette de la Grande Lande aux alentours de 5000 avant notre ère, période de transition entre le Mésolithique et le Néolithique.



Dans le reste du département, notamment la Chalosse ou le sud du Marsan, le Néolithique « classique » est apparu à diverses reprises lors de collectages souvent anciens : meules dormantes et broyeurs (témoins de la pratique de l'agriculture), haches polies (preuves de défrichements et de rationalisation de l'espace dans un but économiquement utilitaire), pointes de flèches foliacées ou à ailerons et pédoncules, mais aussi mégalithisme (dolmens, restes d'allées couvertes : lire à ce sujet l'ouvrage de Marc Large intitulé Les premiers hommes dans le Sud-Ouest aux éditions Cairn, richement illustré) sont autant de témoins directs de l'agitation des communautés adoptant un nouveau modèle productif et peut-être sociétal.


Herminettes polies et peforées découvertes à Beylongue (1) et Cazalis (2).

Pour la fin du Néolithique, c'est davantage l'observation de la céramique qui nous révèle l'occupation du sol par les populations. Ainsi au Chalcolithique (phase finale du Néolithique), il s'agit de la céramique campaniforme. Elle doit son nom à la forme des vases qui ressemblent à des cloches d'église retournées; le décor est souvent fait de bandes horizontales réalisées au peigne sur toute la surface. Certains vases sont aussi pourvus de perforations préorales, sans que nous puissions donner un sens assuré quant au rôle de ces dernières (éléments de suspension? d'attaches de couvercle en peau?).


Exemples de vases à bords perforés (La Hubla, Canenx).



Plusieurs habitats ont été prospectés et fouillés : La Hubla, Grand Séouguès et Loustaounaou à Canenx, Saint-Rémy à Maillères. Ce dernier site est plus particulièrement intéressant dans la mesure où furent mis au jour, outre la céramique et les outils de silex, de véritables témoignages d'un habitat à part entière, notamment des pierres de calage de piquets de soutènement et un atelier de taille du silex.



Racloir à retouches bifaciales
sur plaquette de silex, portant traces de rubéfaction (région de Tartas).


Mais c'est à l'Age du Bronze que l'habitat se structure nettement dans le Marsan et la vallée de l'Adour.

Reconstitution du site de Saint-Rémy à Maillères.

Dernière modification le : 20/11/2011 @ 23:17
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